Saint-Ferréol-les-Augustins

Il me suffit de vivre en chrétien.
Saint-Ferréol de Vienne, tribun et martyr

Saint-Ferréol-les-Augustins, comme un pivot

Ancienne chapelle du couvent des augustins, Saint-Ferréol-les-Augustins marque l’angle nord-est du Vieux-Port de Marseille Elle fait face à la cheminée du roi René, au puits de chaleur qui accueille la terrasse de la Samaritaine. L’église occupe l’entrée de l’ancienne corne du port qui s’est comblée d’elle-même au moyen-âge. Un terrain meuble et fragile dont la pointe est visible au Jardin des Vestiges*.

Au 14ème siècle, les augustins avaient quitté leur couvent, sur les hauteurs de la 1ère rue Fongate**, pour se placer sous la protection des remparts. Ils y ont bâti l’église actuelle et un couvent sur un ancien site templier. Il avait été transféré aux hospitaliers après la suppression de l’ordre du Temple.

Avec les siècles et une histoire chahutée, le sanctuaire s’est peu à peu ouvert aux vents et aux continents, face au port et à ses navires. Aujourd’hui il accueille le monde en miniature qu’est Marseille, il en est le pivot. Marseille est un petit centre du Monde et Saint-Ferréol est un centre du centre.

L’église, tous les jours de l’année, accueille qui veut y entrer, visiteur régulier comme de passage. Qu’il soit croyant ou touriste, à la recherche de chaleur ou de fraîcheur selon la saison, il est le bienvenu. Sa quête est spirituelle ou celle d’un curieux d’histoire et de patrimoine. Le pauvre et le riche, d’où qu’il vienne et où qu’il aille, entré croyant ou touriste, sortira à sa manière pèlerin car l’Esprit descendra sur lui.

Le mobilier liturgique de Saint-Ferréol

Depuis l’automne 2025, le sanctuaire accueille un nouveau mobilier en chêne clair. Des versets bibliques ont été gravés en 14 langues*** sur les accoudoirs des bancs et découpés en dentelle sur l’ambon et les sièges de présidence. Le projet a été audacieux : il voulait allier l’aspect utilitaire à une dimension spirituelle et artistique en vue de répondre à la vocation d’accueil universel de l’église.

Une remonté de l’allée centrale, fait parcours de l’histoire du salut au travers de l’Ancien Testament, puis du Nouveau, de la Création à la révélation du Christ. Et, comme en écoulement retour par le allées latérales, le souvenir de cette première diffusion du christianisme sur le pourtour méditerranéen. Un cheminement dans l’église qui fait de nous ces pèlerins d’Espérance que nous sommes invités à devenir.

Mobilier Saint-Ferréol
Mobilier Saint-Ferréol
Mobilier Saint-Ferréol
Mobilier Saint-Ferréol
Mobilier Saint-Ferréol

La lumière de l’Esprit

La lumière dans le sanctuaire est pleine et chaude, portée par des enduits clairs et des vitraux Laudato Si aux couleurs vives, installées dans des baies rouvertes il y a quelques années..

A la sortie de la messe le dimanche vers midi, un marché vivifiant sur le quai de la Fraternité, prolongation terrestre des dons spirituels, donne de plonger au bain d’une lumière vive, méditerranéenne. Passer la porte est un retournement comme le retournement est une conversion****.

Plein soleil du midi, lumière d’un soir d’orage, choix savant d’une tonalité et d’une intensité pour le sanctuaire… l’Esprit guide la nature comme les desservants pour l’illumination de Saint-Ferréol.

Entrée Saint-Ferréol Marseille
Lumière Saint-Ferréol
marché vieux port
Lumière Saint-Ferréol
Soleil Saint-Ferréol
Lumière Saint-Ferréol

Les temps sont accomplis : le règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à l’Évangile.

Marc 1, 15

La suite de l’histoire

Les travaux du couvent des augustins et de son église d’un gothique tardif, débutent en 1447. La construction prendra plus d’un siècle. La charpente réalisée avec les bois d’une ancienne galère établit un signe pour des liens avec le port.

Au 15ème siècle, le bâtiment est en cœur d’îlot. La rue des augustins, au sud, n’existe pas et l’entrée de l’église se fait par l’actuelle rue du Beausset, sur son côté nord.

Les révolutionnaires démolissent le couvent et des investisseurs achètent les terrains très valorisés. L’église, vendue elle-aussi, connaîtra plusieurs propriétaires avant de retrouver une vocation paroissiale, sous la dédicace de Saint-Augustin.

Au début du 19me siècle, la cinquième travée de l’église est démolie. L’édifice s’ouvre vers le port avec la construction d’une nouvelle façade.

Après la disparition en 1804 de la troisième église Saint-Ferréol de Marseille, l’ancienne chapelle des augustins reprendra ce vocable voyageur. Elle s’appellera désormais Saint-Ferréol-les-Augustins*****.

Ce troisième Saint-Ferréol se trouvait au débouché de la rue commerçante éponyme, à l’emplacement de l’actuelle place Félix Baret, face à la préfecture.

En 1862, la création de la rue impériale, future rue de la république, menace l’église de démolition. Il n’en sera rien et elle y gagnera une nouvelle façade néo-classique. En 1875 r un placage en ciment de Joseph Letz va la recouvrir. Sobrement décorée de pastel, du rose et du blanc.

L’église Saint-Ferréol-les-Augustins aujourd’hui

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L’édifice accueille un riche mobilier ancien, des sculptures et des tableaux classés, principalement des 17ème et 18ème siècles. Les chapelles accueillent plusieurs œuvres de Michel Serre et des statues de Louis Botinelly ou Élie-Jean Vézien, sculpteur du 20ème siècle. Dominique Fossati a réalisé le maître-autel.

Le site de l’église propose une visite par stations, avec textes, photos et audioguides multilingues. Je ne prolongerai pas ici sa description.

Sous l’Ancien Régime, des corporations utilisaient l’église des Augustins pour célébrer leurs cérémonies patronales : boulangers, portefaix, les futurs dockers, forgerons, selliers, bridiers et carrossiers… Les forgerons disposaient d’un autel dédié à saint Éloi.

Saint Pierre et Saint Paul implorant Notre-Dame des grâces – Sainte Marguerite – Michel Serre – Jeanne d’Arc – Louis Botinelly et sainte Thérèse – Élie-Jean Vézien

L’église Saint-Ferréol-les-Augustins relève du rectorat Saint-Ferréol-Saint-Cannat confié par l’archevêque de Marseille à la Compagnie de Jésus en septembre 2017.

La sainte Famille – L’hommage aux morts de la rue – L’autel de la Vierge à la ceinture

L’autel de Fossatti – La chaire et l’orgue – Saint Ferréol et saint Augustin

Notes

*La corne du port fait pour moi comme la pointe de l’âme où demeure l’Esprit (Penser l’âme au XXIe siècle – KTO TV)

**Devenue rue de la Palud et qui accueille l‘église de la Trinité. Une autre rue Fongate existe aujourd’hui, plus à l’est, à la Plaine. Par précaution, la ville, menacée par des compagnies de routiers., avait ordonné la démolition des bâtiments extérieurs situés à proximité des remparts. D’autres couvents comme celui des clarisses, ont connu le même sort

***Français, hébreu, slovène, albanais, italien, maltais, espagnol (castillan), catalan, croate, anglais, arménien, arabe, turc et grec

**** On est alors retourné comme un gant, c’est la metanoia

***** Un premier sanctuaire Saint-Ferréol, dépendant de l’abbaye Saint-Victor, avait été établi sur la pente sud de la colline Notre-Dame de la Garde. Une chapelle Saint-Ferréol a par la suite été édifiée rue Rouvière, à proximité de l’actuelle rue Saint-Ferréol


De ma fenêtre, je vois le clocher de Saint-Ferréol qui semble résister au poids des tours Labourdette.

A suivre…


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