Saint-Cannat, ancienne église des dominicains – Marseille

Saint Dominique

Les frères descendent en ville

Le chantier débute en 1526. Une première tranche des travaux reçoit en 1528 la bénédiction de l’évêque de Girone Guillem Ramon Boïl. Le prélat avait été capturé par les galères françaises et attendait d’être rapatrié***. L’église ne sera consacrée qu’en 1619. Son financement s’était révélé difficile, malgré un don du corps des notaires.

La façade de Saint-Cannat d’un style baroque tardif, réalisée en 1739 par Gérard et Duparc, a été partiellement démolie en 1926. Les travaux de percement de la rue Impériale, future rue de la République, l’avaient ébranlée. Le fronton représentant l’Annonciation, soutenu par quatre colonnes et des pots à feu, a disparu. Restent une petite balustrade, les colonnes doriques inférieures et les statues des papes dominicains Pie V et Benoît XI.

Un clocher carré visible du Jardin des vestiges surmonte la nef, à l’opposé de la façade.

A la révolution, la plupart des frères prêtent serment à la constitution et quittent la vie conventuelle. Le prieur se fera curé constitutionnel d’une éphémère paroisse Saint- Dominique****. Le sanctuaire devient église paroissiale en 1802, sous le vocable de saint Cannat, ermite puis évêque de Marseille***** au 5ème siècle. Depuis la destruction du fronton, rien ne rappelle que du temps des Prêcheurs, l’église était dédiée à l’Annonciation.

Les 10 alvéole de Saint-Cannat

Le nef s’ouvre sur 7 chapelles collatérales un temps destinées aux corporations. La chapelle des notaires en porte le souvenir. Avec le baptistère, la sacristie et l’accès au presbytère, elles font comme 10 alvéoles enserrant la nef avec une grande régularité.

Elles accueillent un riche mobilier et des tableaux classés.

Un magnifique autel à baldaquins cintre la nef à l’appui de sa courbure. Réalisé en marbres polychromes par Dominique-André Fossati en 1755 pour la chapelle des bernardines, aujourd’hui théâtre, il a rejoint Saint-Cannet en 1801.

Le tour de l’église se fait de chapelle en chapelle avec une station prolongée devant l’autel. On y visite plus particulièrement :

– A gauche du portail dés l’entrée, derrière une grille, sainte Cécile, patronne des musiciens et Jésus chassant les marchands du temple,

– Dans la première chapelle à gauche, un baptistère en marbre blanc et le Baptême du Christ attribué à Pierre Parrocel (1670-1739). Une grille en fer forgé du 18ème siècle, utilisée sans doute en réemploi, ferme la chapelle. Elle n’a pas les dimensions exactes de l’espace à clôturer. La chapelle accueille une statue de la Vierge,

– La troisième chapelle à gauche, décorée de lambris en bois, est celle des notaires. La chapelle de leur confrérie se trouvait avant la révolution dans l’église des Accoules. Dans cette chapelle la Purification de la Vierge (ou Présentation de Jésus au Temple) de Michel Serre (1658-1733),

– Dans la première chapelle à droite la Vierge à l’Enfant et saint Dominiqueu de Jean Bronzet (1810-1876),

– La deuxième chapelle, à droite, accueille la Vierge à l’Enfant et le Purgatoire, de Michel Serre,

– Dans la quatrième chapelle à droite, une statue de Saint-Thérèse de l’Enfant Jésus par François Carli (1872-1957).

Chaire et orgue, et la Vierge du Mont-Carmel

Le sculpteur marseillais Albert Duparc (1661-1721) a réalisé en 1691 la chaire en noyer finement sculptée, installée dans la nef, sur la gauche. Des angelots soutiennent l’abat-voix.

Le buffet d’orgue en deux corps, œuvre du facteur d’orgue dominicain Jean-Esprit Isnard (1707-1781), date de 1746. Un garde-corps en fer forgé et partiellement doré de Jean-François Forty (actif vers 1775/1790) en délimite l’emprise.

Une Vierge du Mont Carmel réalisée par Honoré Coder, sculpteur provençal ((1784-1845), s’est déplacée au sein de l’édifice. Elle a rejoint la première chapelle à gauche de la nef.

Le sanctuaire relève du rectorat Saint-Férréol-Saint-Cannat. Il accueille la Paroisse Orthodoxe Roumaine de Marseille.

Ah ! Pensais-je, la sainte Vierge m’a souri, que je suis heureuse.

Sainte Thérèse de Lisieux, enfant guérie

Notes

*Ancien connétable de France qui avait rejoint Charles-Quint suite à un procès engagé contre lui par le Parlement de Paris (6ème guerre d’Italie)

** Situé à l’emplacement de l’actuel cours Saint-Louis

*** Il avait été capturé en 1527, au retour d’une ambassade à Rome, emmené à Marseille puis libéré contre rançon (7ème guerre d’Italie)

****Les Dominicains se réinstallent à Marseille en 1862 dans le couvent Saint-Lazare. Pierre Bossan, architecte de l’éphémère église Sainte-Anne de Lyon et de Notre-Dame de Fourvière, a dessine l’église dédiée au Rosaire

*****Dans un premier temps, Cannat refuse de devenir évêque. Pour appuyer son refus, il déclare aux marseillais qu’il a autant de raisons de devenir évêque que sa canne de roseau séché de reverdir. Puis la canne reverdit et il accepte la charge


De ma fenêtre, je vois la croix de fer du clocher de Saint-Cannat par-dessus le World-Trade-Center.

A suivre…


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