Jésus redescendra du ciel au signal donné par la voix de l’archange.
1 Thessaloniciens 4, 16

Le 3 fenêtres marseillais

Au 19ème siècle, l’industrialisation, les conquêtes coloniales et les traités maritimes repoussent Marseille, en expansion rapide, hors de ses remparts.
Les rues sont crées selon un schéma orthogonal. Le tracé des voies suit les pentes pour faciliter l’écoulement des eaux, parfois puissant, et le nettoyage, améliorant les conditions d’hygiène.
Un modèle architectural se répand, le 3 fenêtres marseillais. Il mesure 7 mètres de large pour 14 de profondeur. Apparu au 17ème siècle, il devient la norme dans les quartiers destinés aux classes moyennes en développement. Elles accèdent à des logements en imitation du confort de vie de la bourgeoisie. Les appartements, un par palier, sont traversants. A l’arrière se trouve un jardin.
Le quartier du Camas est emblématique de ce modèle d’expansion urbaine et sociale. Le nom de Campus Martius qui donnera Camas, est attesté dès le 11ème siècle dans le cartulaire de Saint-Victor. Les terres agricoles du quartier ont appartenu à la famille Camas dont l’un des membres, Jean, s’est consacré aux soins des pestiférés au 17ème siècle.
Une église nouvelle, une encore, l’église Saint-Michel-Archange
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Pour accompagner spirituellement le développement du quartier, l’évêque Eugène de Mazenod fonde en 1848 la paroisse Saint-Michel.
Il charge l’architecte Pierre-Mius Bérengier de construire une église. Ce sera la première église néo-gothique achevée à Marseille.
Consacrée en 1868. elle sera dédicacée à saint Michel-Archange. Le projet des Réformés, engagé auparavant, aboutira plus tardivement..


L’église s’ouvre sur la place de l’Archange. Quelques bancs, deux platanes et un monument aux morts préparent avec calme et sérénité au recueillement.
Une lumière comptée, à l’intérieur de l’édifice, poursuivra cet état d’être du fidèle.
L’absence de statues sur la façade confère à Saint-Michel-Archange un caractère inabouti. Cette façade se distingue par sa coloration jaune, inhabituelle à Marseille. Elle est en pierres de Beaucaire.
Un intérieur en contraste
L’église comprend trois nefs, bordées de dix chapelles .Le chœur s’ouvre sur deux chapelles absidiales. Avec 33 mètres de haut, de 60 de long et 30 de large, le monument est à la juste mesure de ses paroissiens, modestes sans être des plus pauvres. Le gris domine, dans l’oubli des églises gothiques anciennes, blanches et colorées*.

Des vitraux d’Émile Thibaut, de Clermont-Ferrand, parent de lumière la nef pour un sentiment, cette fois, d’achèvement. Les ateliers du maître-vitrier ont collaboré à la splendeur de nombreux sanctuaires dont la cathédrale de Carthage, construite par l’abbé Pougnet, architecte des Réformés. On peut y voir un second motif de rapprochement des deux édifices, après la communauté de style.
Le vitrail du chœur mesure 18 mètres de haut et représente quatre scène de la vie du Christ : la multiplication des pains, la guérison du paralysé, la bénédiction des enfants, l’Eucharistie. Un cinquième tableau montre la remise des clés du Paradis à saint Pierre. Au-dessus du Grand-Orgue, un vitrail rend hommage à saint Michel, placé au centre, et entouré d’anges.

Une lecture particulière du 20ième siècle

Un Chemin de Croix d’André Masson a été decouvert il y a quelques années dans les locaux de la paroisse. Des photos anciennes figurent dans mes archives. Il attend sa restauration avant de pouvoir remplacer un Chemin de Croix d’une lecture plus traditionnelle.

Dans les chapelles du chœur, de belles sculptures du 20ème siècle qu’une visite nocturne met en valeur, couvrent d’une voix sobre des œuvres plus colorés, réparties dans les chapelles latérales de la nef. Parmi ces dernières, un vaste tableau du Christ ressuscité de Jean-François Grébert, commandé en 2024. L’ensemble, avec les vitraux, forme une belle galerie pêle-mêle.
L’entreprise Baudouin a fondu les cloches de Saint-Michel-Archange, avant de se consacrer à la réalisation de moteurs à partir de 1918, avec un certain succès. Elle jouit aujourd’hui encore d’une bonne réputation à travers le monde. La fonderie Baudouin remonterait au14ème siècle.
Un son religieux se répand dans les airs :
Le voyageur s’arrête, et la cloche rustique
Aux derniers bruits du jour mêle de saints concerts.
Alphonse de Lamartine**
Notes
*Comme nous le rappelle la restauration récente de Notre-Dame de Paris
**L’isolement, poème issu des Méditations poétiques, célèbre pour ce vers : Un seul être vous manque et tout est dépeuplé. Cet être ne peut-il être Jésus-Christ, présent en l’église Saint-Michel et ressuscité ?
La galerie pêle-mêle de Saint-Michel-Archange















L’église Saint-Michel se situe à la gauche des Réformés. De mes fenêtre, elle est masquée par les reliefs de la Plaine. On la voit, jaune, depuis l’extrémité haute de la rue Terrusse, à près de 500 m.
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A suivre…
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